Lettre #01 entretien avec Marie-christine TARDY écrit le 03/02/2012
Madame Tardy, vous avez annoncé il y a plusieurs mois, votre candidature aux législatives. Quelles en sont les raisons ?
Mon engagement repose sur un constat qu’un très grand nombre d’habitants font au quotidien. Ce constat, lequel est il ? C’est celui de l’échec des politiques menées par la gauche sur notre territoire. L’agglomération grenobloise est désormais synonyme de bouchons. Chaque jour, des milliers d’habitants sont otages de l’engorgement routier de nos communes. Sur le plan de l’urbanisme, les schémas d’évolution proposés reposent sur une densification massive et excessive de nos quartiers et menacent notre qualité de vie. Dans le domaine de l’économie, de l’emploi et des déplacements, la majeure partie des entreprises sont les oubliées des politiques publiques. La Chambre de Commerce et d’Industrie, les chambres consulaires, les associations de quartiers et les syndicats patronaux et de salariés se mobilisent sur ces sujets comme sur bien d’autres.
En tant qu’élue locale, j’ai le devoir de réagir. Je souhaite proposer aux habitants un autre projet de développement pour notre territoire.En tant que maire, vous vous êtes déjà mobilisée sur la question des déplacements…
J’avais tiré la sonnette d’alarme il y a plus d’un an s’agissant de l’abandon du Tram entre le Grésivaudan et Grenoble, une décision portée par la majorité de gauche de la Métro avec l’assentiment de la députée actuelle. Au mois de novembre dernier, par le biais de leurs organisations professionnelles, les chefs d’entreprises ont eux aussi exprimé leur ras-le-bol, avec le lancement d’une pétition en ligne. Madame Fioraso a parlé « d’un coup de communication ». C’est une réponse qui démontre un réel manque d’écoute. Je suis partisane de développer les alternatives à la voiture mais en complément d’infrastructures routières qui nous sont nécessaires comme la Rocade Nord et l’élargissement de la Rocade Sud.
Grenoble est aujourd’hui synonyme de bouchons et d’enclavement. Ce n’est plus acceptable.Les réponses apportées ne sont pas à la hauteur des enjeux ?
Toutes les politiques publiques sont majoritairement orientées en
direction de l’ouest de l’agglomération et de la zone d’activités GIANT. Or, notre circonscription comporte la plus grande zone d’activités de l’agglomération grenobloise. Inovallée, c’est près de 10 000 emplois qui concernent tout aussi bien le bassin de Grenoble que celui du Grésivaudan. Le soutien apporté aux nanotechnologies ne doit pas nous faire oublier qu’il existe des entreprises situées dans des secteurs traditionnels d’activité, non « délocalisables » et qu’il convient de soutenir. Je suis confrontée régulièrement à des problématiques d’entreprises qui, compte tenu des difficultés de déplacements de leurs salariés, ont des velléités de se relocaliser, notamment vers Chambéry !
direction de l’ouest de l’agglomération et de la zone d’activités GIANT. Or, notre circonscription comporte la plus grande zone d’activités de l’agglomération grenobloise. Inovallée, c’est près de 10 000 emplois qui concernent tout aussi bien le bassin de Grenoble que celui du Grésivaudan. Le soutien apporté aux nanotechnologies ne doit pas nous faire oublier qu’il existe des entreprises situées dans des secteurs traditionnels d’activité, non « délocalisables » et qu’il convient de soutenir. Je suis confrontée régulièrement à des problématiques d’entreprises qui, compte tenu des difficultés de déplacements de leurs salariés, ont des velléités de se relocaliser, notamment vers Chambéry !
Notre territoire est abandonné. Il faut se mobiliser pour l’emploi sur notre circonscription.On vous entend également souvent porter la question du cadre de vie ?
Nous sommes sur un territoire d’équilibres entre urbanisation et espaces naturels, ce qui fait la richesse de notre cadre de vie. Les orientations portées par la majorité de gauche à la mairie de Grenoble et à la Métro se traduisent par des obligations ou des projets de densification massive qui menacent cet équilibre. Des unions de quartier de Grenoble s’en sont fait l’écho dans la presse. Dans ces domaines comme dans d’autres, je refuse tout dogmatisme.
Nous devons répondre aux besoins de logement de nos concitoyens mais dans le respect du cadre de vie. Je ne souhaite pas que l’on recommence les erreurs du passé. Je n’oublie pas par ailleurs, qu’assurer la tranquilité publique aux habitants, aux commercants et aux promeneurs, fait partie intégrante de la qualité de vie.Nous parlons de sujets locaux mais le mandat de député est aussi un mandat national…
Ces sujets locaux sont aussi nationaux. Comment voulez-vous juger de l’opportunité de tel ou tel texte de loi, comment voulez vous exercer votre pouvoir d’amendement si vous ne possédez pas un réel ancrage sur le terrain ?
Nos concitoyens attendent de l’écoute, de la proximité et du bon sens. C’est pourquoi, mon mandat de Maire, le mandat de la proximité par excellence, est complémentaire à celui de parlementaire. Je connais les préoccupations des familles, j’essaye d’y répondre tous les jours. Je ne pourrais qu’être plus efficace à l’assemblée nationale.Quelles autres thématiques avez-vous envie de porter durant cette campagne ?
Je souhaite également me mobiliser sur les questions d’éducation et de santé. L’éducation tout d’abord qui doit être pour moi la priorité, compte tenu des difficultés à élever des enfants aujourd’hui. C’est une condition de leur réussite dans leur vie personnelle et professionnelle. Les questions de santé ensuite, au regard des scandales qui agitent l’actualité, tels ceux du médiator et des implants mammaires. Je me mobiliserai sur le devenir de notre système de soins et sur les conditions de plus en plus difficiles d’exercice de la médecine. C’est mon devoir de député. Je n’ai pas souvent entendu l’occupante actuelle du poste intervenir sur ces questions…
Une autre candidature se fait jour à droite soutenue par l’UMP…
Je fus la première à annoncer ma candidature aux élections législatives le 25 septembre dernier, jour de la victoire de Michel SAVIN aux élections sénatoriales. Cette victoire est pour moi un symbole, celui de la conception de l’action publique que nous partageons Michel SAVIN et moi : La réalité du terrain et la proximité priment sur les diktats parisiens.
La double candidature à droite qui s’annonce et le maintien de votre candidature sans bénéficier de l’investiture de votre parti, n’est ce pas un remake de 2007 avec les conséquences que l’on connait ?
Dédramatisons la situation. J’ai proposé il y a quelques semaines l’organisation d’une primaire républicaine. Je me suis vu malheureusement opposer un refus catégorique. Dont acte ! Concentrons-nous désormais sur notre projet, avec comme seul adversaire la gauche et sa politique.Comment voyez-vous votre campagne ?
Dès aujourd’hui, j’entreprends une phase d’écoute et de terrain. Je connais déjà bon nombre d’acteurs associatifs et économiques. C’est toujours un plaisir pour moi de rencontrer et d’échanger avec tous. Cela ne me change pas de mon action au quotidien. Après les élections présidentielles viendra le temps des débats entre candidats aux législatives. Je me concentre sur les problématiques de la circonscription avant tout.
On sent chez vous l’envie de gagner et la volonté forte d’agir…
J’ai en effet cette volonté de réussir pour agir, prendre les problèmes en main et porter une autre vision du développement de notre agglomération.
Nous ne pouvons plus accepter les discours lénifiants de la gauche sur la faute de l’État, ni ses postures dogmatiques qui ne résolvent en rien les problèmes. J’entends provoquer le rassemblement de toutes celles et de tous ceux qui souhaitent que cela change.
Une alternative est possible.
J’entends la porter avec tous et pour tous.
lettre #01
Lettre de Michel SAVIN




